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L'artillerie française première guerre mondiale

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Laurent

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Mon sujet de prédilection étant en tout premier chef : la Première Guerre mondiale. Je
lance un nouveau sujet sur l'artillerie française au début du conflit...

Pour les connaisseurs : cette jolie gravure d'un "75" en position de tir .

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fleurent philippe

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l'un des canon de 75mm sur le CHEMIN DES DAMES en 1982 voir la grotte du dragon F.PH

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fleurent philippe

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En septembre 1892, un canon expérimental à tir rapide de 52 millimètres de calibre, conçu par le capitaine Sainte-Claire Deville, est essayé à l'arsenal de Bourges. Le général Mathieu, directeur de l'artillerie, demande au commandant Deport, polytechnicien et officier d'artillerie, qui dirige les ateliers de Puteaux, d'entreprendre la réalisation d'une version agrandie avec un calibre de 75 millimètres. Le projet prend la désignation de 75C. Parallèlement sont lancés deux autres projets, surtout destinés à induire le renseignement allemand en erreur, les 75A et 75B. Un premier tir d'essais du 75C est réalisé début 1893, mais des problèmes d'étanchéité et de fiabilité du frein de recul se posent encore. Il en sera de même lors des tirs du 25 novembre 1893 et du 19 mai 1894, néanmoins après le second, le ministre de la guerre, le général Mercier, décide de commander 340 pièces. En novembre 1894, Deport découragé, décide de partir à la retraite, et est remplacé par Sainte-Claire Deville, qui est assisté par le capitaine Rimailho. Il décide de revoir entièrement le frein, mais en utilisant les blocs d'aciers commandés pour la fabrication de ceux du premier modèle ; trois années d'études seront nécessaires pour arriver à un résultat satisfaisant, le frein II. Il agrandit aussi le champ de l'étude, en y incluant tout ce qui est nécessaire au service de la pièce, c’est-à-dire en particulier le problème d'un ravitaillement efficace en munitions, rendu essentiel par la grande cadence de tir. Le général Hippolyte Langlois lui ordonne aussi de prévoir l'emploi du tir fusant, en modifiant l'appareil de débouchage des évents, qu'il avait réalisé pour sa pièce de 52.

Pour résoudre le problème du ravitaillement, Sainte-Claire Deville rompt avec l'usage de l'artillerie qui jusqu'alors plaçait ses caissons à munitions bien en arrière des canons. Il conçoit un caisson d'avant train, qui se renverse juste à côté de la pièce, réduisant ainsi la fatigue des pourvoyeurs, qui n'ont plus à transporter les obus sur plusieurs mètres pour alimenter les pièces. Le basculement du caisson résout élégamment, à la fois le problème du transport des cartouches, qui transportées horizontalement, risqueraient de subir des déformations inacceptables, mais aussi procure aux pourvoyeurs un abri, car lors du tir ils sont couverts par le fond du caisson et ses portes, et peuvent relativement protégés, extraire et préparer les obus pour le reste de l'équipe de tir. Au niveau, plusieurs innovations, outre le frein de recul, sont mise en œuvre, pour permettre le tir rapide, pour immobiliser la pièce, les deux roues sont pourvues de frein à abattement, dont les patins viennent s'interposer entre le sol et la bande de roulement, de plus une bêche à l'arrière de la flèche, s'enfonce dans le sol, lors du premier tir.

En décembre 1896, les essais de la nouvelle pièce se révèlent extrêmement concluants : dix mille coups sont tirés à une cadence de vingt coups par minute, sans incident. Une commande de six cents exemplaires est donc lancée pour 1897. La production de chaque élément du 75, est réalisée dans deux manufactures associées, mesure prônée par Deville, pour favoriser une meilleure interchangeabilité des pièces de rechange. Les canons sont fabriqués à Bourges et Tarbes, les affûts à Tarbes et à Tulle, les caissons à Saint-Étienne et à Châtellerault, et les glissières et freins, à Puteaux et Saint-Étienne. Une commission des armements, crée en décembre 1897 et dirigée par le général Gras, est chargée d'en coordonner et contrôler la fabrication. Le canon rentre officiellement en service dans l'armée française, le 28 mars 1898, et est présenté au public, pour la première fois que le 14 juillet 1899, lors du défilé sur les Champs Élysées. Entre temps, pour continuer à tromper l'Allemagne, le général Deloye, successeur de Mathieu, fait poursuivre les essais des 75A et 75B, allant jusqu'à suggérer que le 75B risque d'être adopté. Cette entreprise de désinformation, dans le contexte de l'affaire Dreyfus, porte ses fruits : l'armée du Kaiser adopte en effet précipitamment, en 1896, un modèle de canon de 77 mm, à affût rigide, complètement dépassé par rapport au modèle 1897, et ne poursuit pas les études sur une pièce similaire, présentée par Conrad Haussner, en 1891, qui souffre des mêmes problèmes que les premiers freins français

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fleurent philippe

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piéces de 75mm anti aerienne environs de TOUL

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restes de canon de 75mm trouvé au fort de la VALETTE dans le COTENTIN en 1983 photos F.PH Laughing

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lieutenant colonel DEPORT inventeur du 75mm avec le Général Sainte Claire DEVILLE

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Laurent

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Merci Philippe pour ces explications sur le fameux "canon à tir rapide, modèle 1897" !

Il est vrai que la création du "75" est une avancée très importante à cette époque.
Elle remet en cause une doctrine admise et bien ancrée avant la Première Guerre
mondiale selon laquelle l'infanterie assure seule la décision tandis que les autres armes se bornent à la
préparer.

D'ailleurs, les Allemands bien avant les Français (loi de 1912 et 1913) avait offert à l'armée allemande les
moyens de doter chaque corps d'armée d'un bataillon d'artillerie lourde agissant non plus dans un rôle de destruction des fortifications mais plutôt dans un rôle de destruction de l'artillerie adverse.


Si la baïonnette est la reine des batailles, le 75 en est le roi.

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Le général Maud'Huy


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Laurent

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Il est intéressant de noter que les premières recherches menées par les Français en vue
d'améliorer la qualité des pièces d'artillerie ont été menées sous le ministère de
DE FREYCINET de 1889 à 1890. Premier civil à être ministre de la guerre.

Le but de ces recherches était de supprimer le recul sur l'affût, d'accélérer le pointage et d'accroître la vitesse de chargement.

Les manufactures de PUTEAUX et de BOURGES furent sollicitées.

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Laurent

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Administrateur
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Pour te citer mon cher Philippe ...

"Pour résoudre le problème du ravitaillement, Sainte-Claire Deville rompt avec l'usage de l'artillerie qui jusqu'alors plaçait ses caissons à munitions bien en arrière des canons. Il conçoit un caisson d'avant train, qui se renverse juste à côté de la pièce, réduisant ainsi la fatigue des pourvoyeurs, qui n'ont plus à transporter les obus sur plusieurs mètres pour alimenter les pièces."[img][/img]

un caisson de "75"


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